
Un combo qui s’inscrit directement dans la lignée du travail entrepris dès les années 70 par Giorgio Armani. Loin des armures entoilées de Savile Row à Londres, les costumes du créateur italien ont libéré le tailleur-pantalon de ses doublures et paddings pour l’adapter à la dolce vita. À grand renfort de tissus fluides et légers, Giorgio Armani a inventé un nouveau costume garant d’une liberté de mouvement, mais toujours symbole d’une grande élégance.
Une créativité renouvelée
Des dernières collections masculines et féminines de Miuccia Prada aux premiers pas de Louise Trotter chez Lacoste, ou de Lisi Herrebrugh et Rushemy Botter chez Nina Ricci, l’omniprésence du costume traduit l’envie d’un retour à une élégance plus conventionnelle qui se manifeste par un retour aux savoir-faire traditionnels. Par sa résurgence, le tailoring recentre le luxe sur sa vocation première qui est de proposer des vêtements bien construits. En parallèle de l’influence indéniable que le streetwear exerce sur le tailoring, l’ambiance Haute Couture qui s’infiltre actuellement dans le prêt-à-porter joue elle aussi un rôle important dans la manière dont le costume est repensé. Chez Alexander McQueen, Sarah Burton s’est concentrée cette saison sur des pièces à l’aspect plus technique. Net et fuselé, un de ses smokings avait des manches en satin drapées autour des épaules comme pour dessiner un bouton de rose.
Également marqué par l’influence de la Haute Couture mais adepte d’un mix entre streetwear et costume, qu’il a poussé à son paroxysme en 2017 avec la collaboration entre Supreme et Louis Vuitton, Kim Jones a lui aussi développé l’idée d’un tailoring couture avec sa dernière collection Dior Homme, principalement composée de costumes, dont les vestes étaient parfois ornées de longs pans de satin. Dans les coulisses, le designer expliquait sa démarche : « Nous avons travaillé sur l’idée d’un homme couture, en nous inspirant des robes d’archives de M. Dior ». Prenant appui sur des robes de bals et les savoir-faire des ateliers de la maison, le tailoring masculin de Kim Jones s’est ainsi nourri d’échanges avec le vestiaire féminin. Après avoir été assimilé par les femmes, il semblerait que le costume pour homme se réinvente en s’imprégnant d’ornements qui sont d’ordinaire réservés au vestiaire féminin. Après tout, si dans son histoire le vêtement mixte relève davantage d’une adaptation d’éléments masculins pour le vestiaire féminin, il semblerait que le phénomène inverse en soit la suite logique. Car si le vestiaire masculin réapproprié par les femmes a accompagné leur émancipation, pourquoi ne libèrerait-on pas l’homme d’aujourd’hui, à son tour, grâce aux vêtements traditionnellement affiliés aux femmes ?
