Qui est Tayla Parx

la chanteuse et songwriteuse que l’industrie musicale américaine s’arrache ?

Photo : Tayla Parx.
Texte : Naomi Clément.

De passage à Paris pour assurer la première partie du concert d’Anderson .Paak, l’artiste revient sur la façon dont elle a collaboré avec les plus grands – d’Ariana Grande à Rihanna en passant par Mariah Carey ou encore Quavo -, et nous parle de son imminent premier album.

Le 8 mars 2019, six mois seulement après la sortie de son album Sweetener, Ariana Grande revenait sous le feu des projecteurs avec thank u, next. Un cinquième opus on ne peut plus introspectif, considéré comme le plus personnel que la chanteuse ait jusqu’alors délivré, porté au sommet des charts par les singles « thank u, next » et « 7 rings ». Deux morceaux au succès immédiat, derrière lesquels se cache la même personne : Tayla Parx.

Son nom ne vous dit peut-être rien, pourtant, cette jeune Américaine est depuis quelques années l’une des songwriteuses les plus demandées aux États-Unis. À seulement 25 ans, elle compte parmi ses collaborateurs quelques-uns des plus gros poids lourds de l’industrie musicale américaine, parmi lesquels Nicki Minaj, Kanye West, Mariah Carey, Janelle Monáe, Anderson .Paak ou encore Alicia Keys – un panel qui lui a valu plusieurs nominations aux Grammy Awards. « Je voulais d’abord devenir chanteuse, nous confie-t-elle, mais à partir du moment où j’ai découvert qu’écrire pour des artistes pouvait être un métier à part entière, j’ai tout mis en œuvre pour devenir la meilleure songwriteuse que je puisse être. »

« Le songwriting est apparu dans ma vie […] comme une nécessité »

Originaire de Dallas au Texas, Taylor Monet Parks (son nom à la ville) connaît ses premiers émois musicaux grâce à sa grand-mère, qui jouait du piano dans l’église du coin, et grandit bercée par les voix d’artistes soul et R&B comme Babyface, Erykah Badu ou Brian McKnight. « Des chanteurs qui, je m’en suis rendu compte plus tard, étaient aussi des songwriters », souligne-t-elle. Très tôt attirée par la scène, elle intègre à 9 ans l’académie de danse de l’actrice et chorégraphe Debbie Allen, avec laquelle elle joue deux années dans un spectacle baptisé Dancing in the Wings, produit dans l’enceinte du prestigieux Kennedy Center, dans la capitale, devant des invités tels que Diana Ross, Will Smith ou Denzel Washington.

Trois ans plus tard, l’artiste en devenir fait ses premiers pas dans le monde du cinéma en décrochant le rôle de Little Inez Stubbs dans le film Hairspray (2007), ce qui la mènera par la suite à intégrer le casting de plusieurs séries télévisées dont Gilmore Girls, Everybody Hates Chris ou encore Bones. Mais la musique, sa passion première, reprend rapidement le dessus.

À 17 ans, elle quitte le cocon familial pour s’installer à Los Angeles, l’épicentre de l’industrie musicale américaine. Son but ? Explorer ses talents de songwriteuse, découverts quelques années plus tôt. « Le songwriting est apparu dans ma vie vers mes 14 ou 15 ans, et s’est imposé comme une nécessité », raconte-t-elle. « Je voulais chanter, mais je n’avais personne pour m’écrire des chansons – personne ne te prend au sérieux, à cet âge… Du coup, ça m’a forcée à m’y mettre, et il se trouve que j’étais pas trop mauvaise dans ce domaine

Rencontre avec Sônge

Alors que son premier album, Flavourite CÂLÂ, sort ce vendredi 22 mars, l’énigmatique Sônge nous offre les clefs pour percer son univers coloré, mystique et onirique.

Sônge nous donne rendez-vous à la Galerie Libre Service à Paris où elle fêtera deux jours plus tard la sortie de son premier album, Flavourite CÂLÂ, en parallèle d’une exposition d’Aurélia Durand (qui a réalisé la pochette de l’album) réunissant une série d’œuvres qui illustrent chacun des morceaux du disque. Elle nous salue poliment à notre arrivée, avec une certaine réserve, avant de nous inviter à parcourir les visuels, qui font la part belle aux couleurs vives et invitent au voyage. Puis l’artiste revient sur son parcours, se révélant toujours plus lumineuse tandis que sa timidité première s’efface progressivement, ponctuant la discussion de francs éclats de rire ici et là.

Si Sônge navigue au sein de la scène musicale française depuis quelques années, sa discographie ne comptait jusqu’à présent qu’un seul et unique EP, sorti en 2017 et portant son nom. Il faut dire que pendant longtemps, la musique ne constitue pas sa plus grande priorité. Plus un hobby qu’une véritable passion au départ, Océane (son vrai prénom) n’envisage pas d’en faire sa carrière dans un premier temps. L’épiphanie sera graduelle.

Étudiante à HEC, elle part à Cologne en Allemagne dans le cadre de son cursus, où elle se lance dans la production de musique électronique, un peu par hasard. « C’est le fait d’être seule qui m’a amenée à commencer à créer des sons sur mon ordinateur, dans ma chambre, en regardant les Fernsehturm (tours émettrices de signaux de télévision, ndlr) », confie la chanteuse. Suivent une année à Amsterdam « riche en rencontres et en inspiration », et une dernière escale à Bruxelles où elle s’installe également quelque temps.

Le déclic ultime survient ensuite, alors qu’elle souffre de nodules et perd sa voix. « C’est à ce moment que je me suis dit : “C’est idiot, je viens de perdre ma voix, mais en fait je veux vraiment faire de la musique” », se souvient-elle. Deux possibilités s’offrent à l’artiste : l’opération au laser, ou la rééducation avec une chanteuse d’opéra, ce qu’elle choisit. Finalement, le problème se règle en quelques leçons seulement, et Sônge profite de ce rétablissement pour se lancer dans sa carrière musicale.